L’alchimie


L’hypothèse fondamentale de l’alchimie est que les métaux ordinaires (cuivre, étain, zinc, …)  peuvent être transformés en métaux précieux, en particulier n or, mais aussi engendrer la pierre philosophale (processus appelé magnum opus, c’est-à-dire « grand œuvre »). Bien qu’adossée à la réalité du monde matériel, l’alchimie cherche avant tout des transformations surnaturelles. Dans un sens plus général, elle tend à atteindre la perfection que ce soit sur le plan physique ou métaphysique, chimique ou spirituel. Ce lien entre les univers physique et métaphysique, tous deux décrits à grand renfort de métaphores et de symboles, rend le concept alchimique difficile à comprendre par les non-initiés.


Marie la Juive, une alchimiste renommée qui vécut entre les Ier et IIIème siècles.

On lui doit le terme « bain-marie » un procédé qu’elle décrivit.


Selon ZOSIME de Panopolis, un alchimiste égyptien du IVème siècle, le premier véritable alchimiste fur Marie la Juive, qui vécut à une époque située entre le Ier et IIIème siècles. Zosime affirmait que des anges déchus avaient enseigné aux femmes es secrets de la métallurgie, reprenant en cela une croyance partagée avant lui par les anciens Égyptiens et les Hébreux. Il donnait aussi à l’alchimie une dimension spirituelle, assimilant le vase qu’utilise l’alchimiste à des fonts baptismaux.


L’appareil principal de la transmutation était l’alambic, qui servait à distiller les éléments chimiques ; il en existait différents types, selon la tâche à accomplir. La distillation n’était cependant pas la seule technique mise en œuvre. Le magnum opus impliquait quatre opérations : negredo (obtention de la couleur noire), albedo (purification), citrinitas (transformation de l’argent en or), rubedo (création de la pierre philosophale). La première pouvait être exécutée par la voie « sèche » (par calcination) ou « humide » (par putréfaction). Une version plus approfondie du magnum opus comportait douze phases, la dernière étant la « projection » (une matière qui, mélangée à du mercure, donne de l’or).




Les recettes étaient imprécises, et les résultats improbables. Les alchimistes se complaisaient dans l’ésotérisme et aimaient cacher leurs secrets par des diagrammes impénétrables – dont nombre ne sont toujours pas compris de nos jours.

Texte fondamental de l’alchimie, la Table d’émeraude est censée avoir été écrite par Hermès Trismégiste, mais on n’en trouve trace qu’à partir du VIème siècle, dans des livres arabes. Elle aurait été découverte à Tyane (une cité antique dans le sud de l’actuelle Turquie, dans un caveau situé sous une statue d’Hermès, entre les mains d’un défunt sur un trône en or.

L’alchime se servait fréquemment d’animaux pour figurer les étapes de la transmutation : cygne blanc pour le « blanchissement », lion vert pour le « verdissement », pélican pour le « rougissement ». L’ouroboros (un cercle formé par un serpent ou un dragon se mordant la queue) symbolisait le cycle perpétuel du processus alchimique.


John DEE

Mathématicien, astrologue et alchimiste John Dee (1527-1608) fut l’une des figures à la fois les plus controversées et les plus fascinantes de la cour d’Elisabeth Ier. Il conseilla occasionnellement cette dernière, dressa pour elle des horoscopes et , avant son accession au trône, lui prédit le décès de la reine Marie – ce qui lui valut un bref emprisonnement mais ne l’empêcha pas, après la mort de Marie, de devenir astrologue royal.



La monade hiéroglyphique, un mystérieux symbole créé par John Dee

En 1564, Dee publia Monas Hieroglyphica, un traité expliquant un symbole qu’il avait créé. Il était au-delà de tout motivé par le désir de comprendre la mécanique de l’univers. Chrétien fervent, il pensait que les nombres reflétaient le plan divin. Cependant, durant les trentes dernières années de sa vie, il se tourna de plus en plus vers le surnaturel ; outrepassant le dialogue orthodoxe avec Dieu, il chercha à communiquer directement avec les anges et les morts, et pratiqua la divination à l’aide d’une boule de cristal. Il était déçu des résultats de ses tentatives quand, en 1582, il rencontra le mystérieux Edward Kelley qui semblait posséder un don pour les communications surnaturelles. Dans sa maison de Mortlake (actuelle banlieue sud-ouest de Londres), Dee entama avec Kelley une longue série de conversations avec des anges qui s’exprimaient en énochien – la langue que, selon Dee, Dieu utilisait pour parler à Adam et que les anges avaient promis de lui apprendre afin qu’il perce les secrets de l’univers. Il produisit de nombreux textes censés lui avoir été dictés en énochien, qu’il accompagna plus tard de traductions en anglais. Bien qu’elle comporte de vagues réminiscences d’hébreu, la langue énochienne est en grande partie incompréhensible. Dee et Kelley passèrent ensuite six ans à visiter l’Europe centrale, tout en poursuivant leurs travaux alchimiques et leurs conversations avec les anges.

Quand Dee retourna à Mortlake, il trouva sa maison vandalisée et sa précieuse bibliothèque -l’une des plus importantes d’Angleterre- dévalisée. Il finit ses jours dans une relative pauvreté, apparemment sans avoir progressé dans la compréhension des secrets de l’univers.

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